Le vieux Badinter, empêtré dans les lacis d'une Loi qui l'a empêché de ressembler à son modèle tant elle est mal foutue (à qui la faute ?), reproche à notre toute nouvelle ministresse des choses de la justice et du droit d'en avoir de ne pas aimer les magistrats. Qui les aime ? Il nous arrive de les récompenser, de la boîte de chocolat à l'appartement niçois, quand leurs jugements nous agréent. On évite en général de les insulter dans les cas contraires à nos intérêts ou plus simplement à la raison. Ailleurs, en Afrique, dans certaine tribu où la sagesse leur cède le pas par nécessité, on projette sur leur personne un peu de terre poussiéreuse pour bien marquer que leur emploi est une ignominie, une des nombreuses ignominies de la condition humaine et de toutes les comédies que nous sommes contraints de jouer à la tragédie de notre intelligence prise en flagrant délit d'insuffisance. Aimer un magistrat, à moins que ce soit d'amour et pour le meilleur et pour le pire, est un cas tout de même assez rare (un mariage par unité au maximum) pour qu'on s'en inquiète. Les incontinences d'un vieux spécialiste du droit pyramidal relève aussi de la fatalité : il faut bien que quelque personnage secondaire s'alimente de contradictions pour tenter de nous faire croire que nous sommes capables d'amour bienveillant à l'endroit des tribuns de la république.
Le vieux questeur ajoute même que ce non-amour (il n'ose parler de haine ou d'aversion) est la conséquence d'un manque de confiance et que, par autre conséquence rédhibitoire, la confiance est justement ce qu'on devrait accorder illico au magistrat comme si la dignité de ce personnage utilitaire était gagnée d'avance sur on sait quel combat par trop éreintant pour être sinon vrai du moins utile. Le droit est fondé sur l'utilité, sur la mesure, sur le respect au détriment du nécessaire, de l'égalité et du droit fort légitime de se défendre à mains nues. La Loi est garante, selon ses termes royaux d'ailleurs toujours d'actualité, de la moralité et de la paix des mœurs. Rien de plus. Elle châtie par esprit d'ordre et désir de pouvoir. La Loi est l'antichambre de la dictature. Il faut peu de chose pour que notre société y bascule. On dirait que nous nous tenons prêts à cette éventualité.
Cet état d'esprit, dont nous sommes tous les ducroires sous l'aile de notre magistrature, s'arroge un droit issu du débat de nos consciences soumises aux éventualités du progrès ou de la barbarie. Cette seule complicité relative nous entraîne à élire ou à accepter selon que l'héritage culturel nous soumet aux luttes intestines de nos seigneurs, comme chez les Arabes et les Caciques, ou au plaisir pas très catholique, voire pas chrétien du tout, de flamber les fruits de notre travail dans les palais de la consommation. Dans cette perspective, le magistrat est un serviteur. Il peut se croire investi d'une mission au service de la justice, mais rien ne l'oblige, pas même en France, à défendre le projet d'une justice totalement égalitaire. Bien payé, promis aux plans de carrière, peu sollicité par l'emploi du temps malgré sa plainte itérative, indiscutable dès le moment que la procédure indique, il n'est pas un malheureux et surtout, on l'assassine si rarement que, quand cela arrive (moins souvent que les révisions), on doute valablement de la réalité de son cadavre plutôt voué au suicide ou à l'accident qu'au calcul de l'assassinat considéré comme un des Beaux-arts ou comme instrument politique.
Il est aussi légitime de se demander qu'elle est sa capacité de travail comparée à celle d'un ouvrier ou d'un chef d'entreprise. La question n'est pas posée par Badinter. Le magistrat se plaint de courbatures sans avoir la moindre idée de ce qu'est la fatigue, voire l'épuisement. Il a usé sa culotte sur les bancs de l'école, quelquefois brillamment, mais sans mathématiques, de là il a étudié le droit à la faculté, puis il s'est engagé dans la mission judiciaire et il a attendu, selon ses origines sociales, qu'on le pourvoit. Il n'a pas vécu, il s'est enfilé dans le chas de l'aiguille au bout d'une seringue à faire l'Histoire et les détails. Quelques-uns ont plutôt ramé sur les planchers douteux des secrétariats jusqu'à obtenir un poste le plus souvent minable, mais agréable à leur ambition de rapporteur ou de délateur zélé. Imaginer pour eux, les grands comme les petits, un apostolat empreint d'énergie et de générosité serait pousser le bouchon un peu loin, ce que n'hésite jamais à commettre le vieux Badinter qui circule encore à proximité de ses statues exemplaires et à des lieues de la misère bien sûr.

L'exemple de Burgaud nous terrifie. C'est bien utile d'ailleurs et personne, dans la magistrature, ne s'est encore plaint de cette contrainte qui nous ramène bien loin dans le temps passé, avec ce que cela suppose aussi de colère rentrée et de crispations des surfaces et des glandes. Notre regard en est affecté, mais la procédure donnera raison à cet ignorant ou à ce fou selon ce qu'indique le dictionnaire comme antonyme de sage. On le taxera peut-être d'un peu d'ignorance, au moins d'une certaine inexpérience qu'on ne pourra pas lui reprocher, car rien n'est prévu dans ce sens par la loi, de jure ! La folie, aussi rare que les révisions et l'amour des magistrats, ne sera pas évoquée. Pas plus que l'arrogance, le mépris, l'infatuation et autres bouffissures qui remodèlent ce visage enfantin soumis au jugement de la foule. Mais les menaces ont trop pesé sur ce personnage immature pour qu'on soit légitimement autorisé à juger de sa pertinence. D'ailleurs, il se défend si bien qu'il gagnera ce procès faussé à la fois par son apparence, par ce qu'on sait de son outrecuidance et par notre non moins inacceptable tentation de meurtre, à deux doigts de la tentative qui nous eût humiliés à jamais. On se contentera de savoir, à peu près car rien n'est vraiment approfondi en la matière, que l'esprit corporatiste sait aussi agiter la coupole judiciaire de ses enseignements et de ses contraintes. Burgaud est une victime sacrificatrice ou un sacrificateur éduqué dans une perspective hygiénique. Une poignée de terre jetée à son visage meurtri seulement par la lame de son rasoir ne serait comprise ni par lui ni par ses compagnons justiciers et solidaires. Burgaud n'est pas un exemple à suivre si l'on souhaite philosopher un peu à propos de nos aventures sociales et des errances de la pensée en proie à la réalité.
Mon expérience d'anthropoète m'enseigne, si tant est que mon esprit s'y retrouve, que bien souvent les personnes incompétentes deviennent de véritables bourreaux au travail. Évidemment, dans ce cas précis, la victime n'est pas le travail lui-même, qu'on abat alors avec assez de zèle pour être apprécié d'en haut, mais l'objet du travail, sa raison d'être. Burgaud est un bourreau de travail qui se repose sur les lauriers de ses victimes coupables. Il est ce qu'on a fait de lui et ce qu'il espérait devenir dans les marges du devoir. Il n'est donc pas responsable, car il est ignorant ou fou. Tous les métiers sont affectés, peu ou prou, par cette plaie de l'esprit qui, entre l'ambition et l'impatience, ronge les tenants du travail bien fait. Il est incompétent par incompatibilité, ce qui laisse supposer qu'il a bien trompé ses andragogues du temps qu'il était artiflot en attendant de le perdre dans les coulisses de l'état-major. Mais au lieu de se séparer de ce membre infecté pour le rendre à sa destination première, l'hôpital ou le centre de rééducation, on le défend avec les moyens de la procédure après avoir joué hypocritement avec le débat parlementaire, comme si le Parlement, dans le sens actuel du terme[1], ne savait pas qu'il est impossible d'en découdre avec une corporation établie depuis la nuit des temps et surtout issue de la fatalité qui nous guette parce que nous existons avant d'être. On est passé de l'horreur de l'injustice à l'esprit de vengeance, puis au débat public fortement policé, et on termine avec une procédure dont personne, à part les juges-et-parties, ne comprendra les aboutissants. Brillante démonstration à la fois de notre peu de compétence judiciaire et de la perversion des moyens mis en œuvre. Mais au moins, on aura fini par foutre la paix à l'épouse de Burgaud, qui l'aime d'amour, et de ses enfants à peine plus âgés que lui. Quelle honte d'avoir commencé par vouloir jeter le coupable dans la fosse avec sa famille et ses chats ! Nous avons, comme le signalait un magistrat au joli petit nœud papillon, signe distinctif auquel Burgaud a semble-t-il renoncé du moins dans le cadre de son apparition en public, - « vous avez la justice que vous méritez » -, lequel magistrat s'excluait du nous que sa remarque toute philosophique visait du doigt.
Un magistrat a failli être tué par un couteau et un autre couteau a failli tuer un magistrat. Il n'en faut pas plus à cette corporation pour descendre dans la rue où ses pignons se ramassent à la pelle. On est même sorti en habit de cérémonie, comme des religieux. On s'est donné en spectacle pour réclamer plus de sécurité dans les palais, autrement dit plus de justice. On sourit quand un religieux exhibe sa coiffe noire ou blanche, signe des temps. Mais on ne trouve pas le moyen de rigoler franchement de ces robes et de ces hermines qui violentent l'air du temps. Des signes et de l'air, il n'en faut pas plus à nos esprits assoiffés de tranquillité au détriment de la justice la moins contraignante pour tenter d'oublier que le déguisement perdure bien au-delà des jeux de l'enfance. À cela près qu'un habit de docteur a son utilité, y compris le stéthoscope qui repose sur les épaules ou dépasse ostensiblement de la poche du tablier blanc, ce qui distingue de l'infirmier, et que celui de flic a l'avantage de prévenir les coupables. On se trimbale rarement en habit d'usine, à la fois parce qu'on en a honte et que ce n'est pas pratique en cas de consommation à terme, moins encore en tenue d'Adam ou d'Ève, sauf dans les lieux qu'on souhaite interdire aux innocents.

Un journaliste, aussitôt puni de dommages et intérêts, de quoi se payer une voiture de luxe, a fait les frais d'une moustache hitlérienne dessinée, à grand renfort d'arguments bien pesés, sur le visage raclé plus que rasé de Burgaud. La tentation d'imiter Marcel Duchamp s'est aussitôt emparée de moi. Il y a bien eu de ma part tentative de crayonnage sur le visage égaré plus que coupable du jeune édile. Certes, la moustache en question, ainsi que la barbichette, appartiennent plutôt à d'Artagnan, gloire nationale et incontestable défenseur des droits de la reine, à une distance respectable toutefois de Robin des bois, qui portait mieux ce masque pileux comme on le voit notamment dans la superbe interprétation d'Errol Flynn. Duchamp le perpétra sur le visage non moins énigmatique de la Joconde. Il accompagna son commentaire antirétinien d'un rébus à double sens (au moins) : LHOOQ. Ce qui signifie à la fois « look » (regarde) et qu'elle a chaud où il le dit, mariée ou pas. Mon projet n'avait donc aucun sens.
oOo
Mais les questions restent posées : avons-nous besoin de cette coterie judiciaire constituée comme une secte ? Que met-on à la place de cette mauvaise herbe face aux réalités du justiciable et de l'intouchable, de la misère et du consacré, de l'exclusion et du privilège ? L'esprit est-il capable de concevoir avant les principes ? Comment nommer cette zone d'infaillibilité ? Et surtout, comment éviter d'y rencontrer finalement la foi et ses mercenaires ? C'est toute la philosophie questionnante que je souhaiterais cultiver dans La calbombe céladone... avec impatience, peut-être plus que l'impatience, l'acharnement.
Patrick CINTAS
[1] Parlement, anciennement Cour d'appel. Allez, ergotez !
Publié par regal à 17:44:07 dans La calbombe céladone | Commentaires (0) | Permaliens
Cayetano était un petit chien de garde. De la race des pervers. Il préférait aller nu pour continuer de ressembler à un chien et son intelligence d'oiseau lui recommandait le port de la chemise règlementaire. Elle tombait largement sur des gros genoux qui avaient l'air infecté. Ils étaient bleus et jaunes, flasques, leur tumescence écoeurait facilement, d'autant que les mollets le rapetissaient oui ils étaient la cause infernale de ce rapetissement, il avait un tronc de géant et les bras boudinés d'un nouveau-né. Les pieds noircissaient malgré les bains fréquents. Il bandait rarement, mais quand ça arrivait, il soulevait la chemise, le sifflet se dressait au milieu d'une touffe de poils rouges, à l'abri d'un boudin de gras où s'agitait un nombril protubérant. Il sentait mauvais comme un chien et empestait comme un chien. Il était chauve. Le sang rougissait ses oreilles. Il regardait en coin pour ne pas regarder. Il voyait un monde plat. Les transparences le piégeaient. Il ne connaissait pas d'unité et par conséquent était incapable de mesurer les choses et les autres. Il avait un rapport tranquille à l'animal. Il pouvait caresser un autre chien dans une conversation paisible au milieu d'un carré d'herbe où il souffrait de solitude. C'était sa seule maladie. Au début, on l'avait obligé à ramasser ses propres excréments sur le plancher de sa cellule. Il épongeait tristement l'urine de la nuit. Il vivait dans cet antre, comblé de poils et de douceurs huilées. Sa chemise était changée une fois par semaine, pendant qu'on le douchait. Il laissait sur le dossier d'une chaise la chemise qu'il portait depuis une semaine et quand il sortait de la douche, éternuant comme un oiseau, elle avait été remplacée par une chemise propre soigneusement pliée sur le siège de paille.
Il aimait les changements à condition de pouvoir les peindre. Il travaillait sur des feuilles libres avec une touffe de poils liés par un fil de boyau et une encre contenue dans la vessie d'un oiseau percée d'un trou et bouchée avec un bouton de cire. Il travaillait penché, jamais il n'aurait pu s'attaquer à un plan vertical, encore moins à un plafond comme c'était arrivé au maître de Caprese contre sa volonté et pour le bien de l'humanité. Cayetano n'aboyait pas, sauf si les circonstances le mettaient en présence d'une preuve évidente de l'existence du néant. Il ne voulait pas croire au néant. Il ne croyait pas plus au tout. Il croyait au funambulisme et au saut périlleux. Si les preuves de l'existence du tout lui étaient rapportées, il haussait les épaules. Il était seul au milieu d'un carré d'herbe verte. Si le chien existait, il caressait le chien mais il arrivait le plus souvent qu'il n'existât pas. Cayetano connaissait la douleur. Il en perdait la voix. Les crises, cependant, s'espaçaient. Il devenait chien plutôt que l'homme qu'on lui destinait de par les entrailles de la femme de l'homme auquel il ressemblait. Il aimait ces deux gouttes suspendues à un fil. Le chien s'y reconnaissait. Il reconnaissait le chien. Il nommait le chien. Au-delà du carré d'herbe verte il y avait quatre allées rectilignes où roulaient des chaises. Les amputés, les paralysés, les anémiques ressemblaient à des chiens qui se prendraient pour des hommes. Ils cachaient leurs mains sous le plaid. Il les regardait sans aboyer. Les autres chiens étaient des hommes. Il s'était battu avec eux plus d'une fois. Il avait toujours perdu. Il connaissait cette limite. Enfant, il n'avait franchi qu'une fois l'une des allées pour aller se promener dans le pré. Il avait mordu une femme.
La chemise grandissait à la mesure du tronc. Il apprit à retrousser les manches aussitôt la chemise enfilée. Il la remontait un peu au-dessus du genou. Les genoux enflaient avec les ans. Il regardait de près les brins d'herbe et il les peignait fidèlement. Quel talent ! Ses herbes étaient noires et blanches comme dans la réalité où elles étaient vertes comme peut l'être un mot de l'autre à propos de l'herbe. Il devint adolescent. On lui promit qu'il n'arriverait plus rien à son enfance. Il en avait assez des poils, des érections et des douleurs articulaires. Mais on ne pouvait pas reculer sur le chemin de la vie, il ne comprenait pas pourquoi mais le sentait parfaitement. Mais. Il aimait prononcer ce mot à la place des autres dont il surveillait sournoisement la conversation. À table, il était glouton ou il vomissait sans avoir rien mangé, on avait le choix, c'était lui qui ne choisissait pas. Il était surélevé par un coussin rempli de paille et de crin, un vieux coussin arraché à un lit, il cherchait le lit dans sa mémoire et ne trouvait que l'obscurité de la chambre, soit que les volets eussent été fermés, soit que la nuit les eût ouverts, le coussin l'élevait à la hauteur des autres quand il était assis avec eux autour d'une table, gloutonnant ou vomissant sa bile, selon le cas.
Felix était le plus observateur. Il se laissait caresser quoiqu'il n'admit jamais partager au moins l'existence avec les chiens. Il vomissait discrètement et mangeait avec des manières de Señorito. On ne lui donna pas le vin qu'il réclamait. Il avait son carré d'herbe verte mais il se contentait de s'y allonger pour regarder le ciel. Cayetano traversait l'allée en grognant. Il s'arrêtait au bord de l'herbe que Felix négligeait par bravade. Il lui posait une question. Par exemple quel âge il avait. Felix répondait par une plaisanterie, par exemple qu'il avait l'âge de ses artères ou bien un an de moins que l'année prochaine, ce qui mettait en jeu toutes les leçons d'anatomie et de physique alors que Cayetano était venu chercher un peu de compagnie parce qu'il se sentait seul et que la solitude le détruisait au lieu de lui inspirer des oeuvres dignes d'intérêt.
Felix grandissait lui aussi. Il regarda les genoux de Cayetano avec inquiétude et non pas écoeuré comme l'étaient les autres quand ils n'avaient plus la force de résister à la curiosité qui les avait d'abord rendu nerveux.
- Es-tu Cayetano ? demanda-t-il.
Il le savait. Cayetano haletait. Felix lui caressait le ventre.
- Ça ne vous fait rien de partager votre carré d'herbe verte avec un chien ? demandait-on à Felix qui n'avait pas conscience d'occuper lui aussi un carré d'herbe verte comme les chiens qui lui en parlaient.
- Non, disait Felix tristement, il n'était pas triste, il voulait l'être pour ne pas blesser Cayetano le chien qui pleurnichait comme l'enfant qu'il n'était plus depuis longtemps.
Il l'emmena même dans le pré. Ce fut, pour Cayetano, autant pour l'enfant qu'il n'était plus depuis longtemps que pour l'homme qui allait devenir le chien qu'il était, un moment d'une rare intensité. Il découvrait le pré à la manière d'un oiseau.
- Tu n'es pas un chien, avait dit Felix en commençant à arpenter le pré.
C'était vrai. Personne n'était chien.
- Le chien, ce n'est même pas moi.
Bien sûr, quand ils quittèrent le pré pour revenir aux jardins, l'effet de surprise s'estompa et Felix lui-même reconnut qu'il avait envie d'aboyer. Ils retournèrent ensemble dans l'un des carrés d'herbe verte, l'un ou l'autre, cela n'a pas d'importance. Cayetano se coucha. Felix était assis, pensif comme peut l'être un homme. Cayetano se rapprocha de l'homme. Il se mit à miauler pour plaisanter. Les lèvres de Felix esquissèrent un sourire. N'avait-il pas pépié lui-même en entrant dans le pré ? Il le reconnaissait et se laissa mordiller le bec.
Patrick Cintas.
Publié par regal à 08:56:30 dans Narration | Commentaires (0) | Permaliens
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