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Le chasseur abstrait éditeur

Nous ne publions pas à compte d'auteur ni à tour de bras.

18e Salon de la revue | 17 octobre 2008

18e Salon de la revue
Paillasson de vie

Pour nous, le 18e salon de la revue aura été marqué par notre soirée chez Guillaume qui anime la librairie-galerie Le monte-en-l'air, rue des Panoyaux à Ménilmontant, Paris 20e. Nous y avons fêté le tricentenaire du signifiant série, commémoration qui aurait été fortement teintée d'intellectualisme si nous n'étions pas restés nous-mêmes malgré la hauteur du sujet. C'est que nous sommes les initiateurs d'un Cahier de la RAL,M consacré à ce mot qui a tant fait parler l'Histoire depuis que Diderot en a saisi la pertinence. Notre Cahier, dirigé de main de maître par Pascal Leray, préfacé par Jacqueline Picoche et postfacé par Jean-Yves Bosseur, a rencontré un premier succès en attirant d'autres collaborations non moins éclairées, succès renouvelé au Salon lui-même par une fréquentation tout aussi renseignée.

La soirée au Monte-en-l'air a réuni les deux chantiers les plus fébriles de l'Internet : L'établi, plateforme de discussion et de recherche dirigée par Jean-Luc Vertut, et la RAL,M. Des invités se sont mêlés à cette fièvre créatrice pour découvrir peut-être l'art et la manière de pratiquer non seulement l'édition, mais aussi l'atelier. La présentation de Pascal Leray s'est d'ailleurs centrée sur les possibilités d'expression et de publication qu'offre notre propre plateforme : un site Internet de premier plan -- la RAL,M, où les chantiers individuels et collectifs se multiplient -- une revue en papier qui concrétise ces travaux autrement virtuels -- les Cahiers de la RAL,M -- et une maison d'édition -- Le chasseur abstrait -- qui tient la route malgré les vents de travers des crises environnantes.

La librairie Le monte-en-l'air propose une belle collection graphique, de la bande dessinée au dessin le plus recherché. Du texte aussi, et du meilleur. Ici, on s'instruit dans les rayons, ce qui n'arrive plus ailleurs. Guillaume est chaleureux et inventif. Que demande le peuple ?

C'est dans la salle d'expo que Valérie Constantin a projeté son film, Paillasson de vie, qui accompagne le Cahier (DVD), avec un commentaire poétique de Jean-Claude Cintas et une musique de Patrick Cintas : le niveau de création est exemplaire de ce que nous recherchons.

Revenons au Salon de la revue. Il n'a guère changé d'aspect ni de fonctionnement. Le lieu est étroit et contient, me dit-on, plus de 700 revues. Les stands ont l'aspect de boîtes de sardines, avec des sardines qui respirent encore et un désordre de revues tel que le visiteur, passant dans la sueur et la saturation carbonique, nous confie souvent qu'il ne sait plus où donner de la tête. Deux problèmes entachent cette excellente manifestation qui a lieu dans un des quartiers les plus animés de Paris : -- la médiocrité de certaines revues, qui se cache souvent derrière un aspect dont la qualité de surface est l'effet d'un assistanat inadmissible, mais omniprésent ; -- le mélange des genres qui interdit au visiteur de sélectionner d'emblée ce qui convient à sa recherche. À ces défauts majeurs, il faut bien ajouter l'envahissement des auteurs en quête qui semble raréfier le public des lecteurs, à moins que ceux-ci, par défaut de communication, n'aient pas eu vent de la nouvelle. Un panneau indiquant « Interdit aux auteurs » devrait marquer l'entrée de ce lieu merveilleux où la revue, outil préparatoire des éditions en tout genre, témoigne d'une activité intellectuelle et créative de premier plan. On se demande d'ailleurs si le lecteur est le bienvenu dans ce foisonnement sans issue. Il a manqué, une fois de plus, à ce rendez-vous qui gagnerait à s'organiser dans la sélection et l'ordre. Une topographie raisonnée du lieu changerait tout.

Salon qui manque aussi d'événements. Le seul marquant aura été la visite d'Henri Meschonnic qui semble poursuivre une tournée méthodique dans le but de répandre les germes de sa pensée. Michel Deguy n'a d'ailleurs pas manqué de compléter ces circonstances par une présence tout aussi circonstancielle. Je me souviens toutefois que la préface aux Poèmes 1960-70 de Michel Deguy était d'Henri Meschonnic et qu'elle m'avait indiqué les meilleures sources, dont Michel Deguy lui-même. Elle s'intitulait « La poésie, langage des langages pour Michel Deguy » et ce n'était pas peu dire. J'en ai retenu à tous crins la conclusion fortement éclairée de plein fouet : « La poésie ne cesse de déplacer la philosophie. Deguy laisse du « mauvais côté », celui où l'œuvre est prise comme un objet ou des techniques, le scientisme et l'« ironie du spécialiste, avec quoi on ne fait pas le poème ». Il est du côté de la poésie et de la poétique quand il écrit : « La langue est affaire trop sérieuse pour être abandonnée aux linguistes » (Figurations). Il montre où il faut poser ses questions. On attend ce qu'il va ouvrir. Il est dans la poésie, qui ne cesse jamais de nous surprendre, quand il écrit (Figurations) : « L'allégorie est à réinventer. » Du coup, on lira avec intérêt Derrick et la critique de la poétique parue dans notre Blog des auteurs.

Merci enfin à Françoise Hàn d'être venue nous encourager. Et à Christiane Hagège, secrétaire des Django d'Or, pour sa visite. N'oubliez pas : la 17ème cérémonie des Django d'Or « Trophées Internationaux du Jazz », animée par Laurent VOULZY et Alain SOUCHON et orchestrée par le Big Band des élèves du Centre des Musiques Didier Lockwood, se tiendra le jeudi 20 novembre 2008 au Pavillon Baltard de Nogent-sur-Marne.

 

Publié par regal à 19:03:34 dans Cahiers de la RAL,M | Commentaires (0) |

Pascal Leray en artisan de structures sérielles | 28 septembre 2008

Artisan de structures sérielles

«J'ai écrit les parties improvisées.»

Paul Mefano descendant l'escalier, 1996

Parfois, il semble que toute l'expérience d'une vie se résorbe dans un mot. S'agissant de Pascal Leray, le principe de série se comporte un peu comme une éponge qui absorberait toute l'eau du texte. L'auteur rechigne à parler d'écriture «sérielle», se refuse même à se dire «sérialiste». Pourtant, du Portrait de la série en jeune mot aux Perspectives sérielles en passant par le premier livre de Réflexe, «Cahiers d'études sérielles», une constante préoccupation traverse son travail. Soulignons ce qu'il doit au sérialisme musical, même si c'est pour nous étonner que l'auteur soit aussi responsable de «chansons pauvres» semi-improvisées et quasi brutes, auss éloignées de la dodécaphonie que des approches «savantes» qui caractérisent la musique contemporaine. Pascal Leray se définit lui-même comme un «rustre», une «cognée». Il ne fournira guère d'explications supplémentaires et préfère inviter le lecteur à pénétrer un labyrinthe à la fois narratif, poétique, musical et pictural.

Il fallait donc que Le Chasseur abstrait existât pour que le lecteur un tant soit peu aventureux fût en mesure d'appréhender les méandres d'une forme qui ne sépare pas les différents domaines de la production artistique: texte, musique et expérimentation sonore, dessin, ready made, photographie, chanson sérielle, lecture performance, webpoème... «Tout se tient!», s'exclamait Victor Hugo vantant le mélange des genres. Il faut croire que Leray a un côté hugolien, sinon que, sous l'influence du sémioticien russe Youri Lotman, il aime spécialement à reprendre son sévère jugement: «Le mélange des niveaux est inadmissible». On le voit: l'auteur n'est pas avare en paradoxes.

 

Pascal Leray et Claude Mouchard (Po&sie) aux Journées Poésie de Rodez 2008 (stand du Chasseur abstrait)

Le présent fascicule a vocation à donner un premier aperçu d'ensemble de la littérature de Pascal Leray, désormais largement représentée chez Le Chasseur abstrait. Pour plus de lisibilité, on a distingué trois sections:

-         Figuration narrative -- pour aborder les essais romanesques et nouvellistes qu'a inaugurés Emilie Guermynthe (d'autres volumes sont à venir, à savoir: Nouvelles de la réalité, Le sens des réalités, Igny-Anthrope);

-         Abstraction lyrique -- titre générique qui ramasse une bonne part de la production poétique de l'auteur, à commencer par le vaste poème dérivé du tableau de Vassili Kandinsky, Avec l'arc noir, qui sera présenté au Prix Artaud à Rodez en 2009;

-         Ecole conceptuelle -- corpus dont le tronc réside dans l'approche la plus théorique, principalement autour du signifiant «série», mais également dans la dette revendiquée du poète à l'endroit de l'école formaliste non moins russe et de l'école conceptuelle américaine (à savoir, en premier lieu, Mel Bochner et Sol Le Witt).

Si l'articulation retenue pour le présent volume laisse de côté certains aspects de ce «work in progress», elle l'ancre délibérément dans le domaine du visible. Façon détournée, peut-être de rappeler que, si l'auteur tient de «l'explorateur du langage», selon le mot de Patrick Cintas, le texte est fait de sang  (coagulé et donc, pour ainsi dire,  gore) et non de pure matière cérébrale! Son rêve, peut-être, serait que l'on s'aperçût que, comme les livres de Walt Whitman qui furent interdits de transport ferroviaire pour ce motif précis, il y a là quelque chose qui tient définitivement d'une «matière obscène».

Edgar Zimrett

Voir la Revue d'art et de littérature, musique

 

Publié par regal à 08:45:52 dans Cahiers de la RAL,M | Commentaires (0) |

Homosexualité(s) et littérature | 22 septembre 2008

Prochain Cahier de la RAL,M

   N'hésitez à envoyer vos contributions (essais, poésie, narration, etc.)

              info@lechasseurabstrait.com

 

Homosexualité et Littérature

Direction: Benoît Pivert

Université de Paris XI

 

     De même que les auteurs de la Renaissance ironisaient volontiers sur les  ténèbres du Moyen-Âge , nombreux sont les jeunes homosexuel(le)s, en ce début du vingt-et-unième siècle, qui, lorsqu'ils ou elles ne sont pas familiers de l'histoire littéraire, ont tendance à considérer le passé comme un énorme trou noir et à situer au XXème  siècle l'émergence de l'homosexualité[1] en littérature, le XXème siècle devenant à sa manière  leur « siècle des Lumières ».

     A y regarder de plus près pourtant, bien que passée obstinément sous silence  par tous les manuels scolaires se targuant de présenter la littérature des classiques grecs à nos jours,  l'homosexualité est présente dans les textes dès l'Antiquité. Si Le Banquet de Platon et le Satyricon de Pétrone comptent parmi les œuvres les plus connues, il conviendrait, certes au mépris des frontières entre genres littéraires, de faire figurer à leurs côtés les Epigrammes érotiques de Martial. Plus tard, en Occident, il faudrait ajouter, entre autres, les poèmes homosexuels de François Villon (1431-1463). Ce que l'on ignore souvent, c'est la multitude de poètes du domaine juif et arabo-musulman inspirés par la beauté des garçons. Abou Nawas au IXème siècle (Le vin, le vent, la vie)  est sans doute le nom le plus connu mais c'est surtout au XIème siècle que l'on assiste dans la poésie galante andalouse de langue arabe à une éclosion du genre et au XIIème siècle que les poètes juifs dans l'Espagne chrétienne puisent aux mêmes sources esthétiques, le plus célèbre d'entre eux étant peut-être Abraham ibn Ezra Judas Halévy. Il était difficile d'être exhaustif pour le Moyen-Âge, cela devient parfaitement impossible pour les siècles suivants. On  peut  citer parmi les écrivains homosexuels l'Anglais Christopher Marlowe (Edouard II) (XVIème siècle), le Français Théophile de Viau (XVIIème siècle), forcé de se convertir au catholicisme et de vivre caché en raison de ses mœurs. Au XVIIIème siècle, le libertinage n'est pas l'apanage des hétérosexuels. La revendication de la liberté de la chair ignore souvent la différence des sexes, ce qui se reflète à la fois chez Sade mais aussi dans les écrits anonymes réunis par Patrick Cardon (Bordel apostolique, 1790[2] et Les Enfans de Sodome à l'Assemblée Nationale, 1790[3]). Au XIXème siècle, les personnages littéraires homosexuels -- encore rares -- ne sont pas l'apanage d'écrivains homosexuels, que l'on songe à Vautrin chez Balzac ou aux lesbiennes de Baudelaire, toutefois les penchants homosexuels d'écrivains comme Oscar Wilde ou Verlaine ne sont un mystère pour personne. Si les écrivains homosexuels masculins du XXème siècle sont suffisamment connus pour que nous n'ayons pas à les énumérer, profitons-en pour souligner ici le développement durant ce siècle d'une littérature lesbienne avec Natalie Barney, Radclyffe Hall, Vita Sackville West et plus tard Violette Leduc, Geneviève Pastre, Jocelyne François et bien d'autres encore.

 

     Ce qui est nouveau au XXème siècle, ce n'est donc pas la présence de l'homosexualité dans la littérature mais l'évolution du regard porté dans la littérature sur l'homosexualité. L'homosexuel n'est plus systématiquement réduit à ses rôles classiques de débauché, de démon ou de victime. Son orientation sexuelle ne prête plus également forcément à rire comme dans les pièces de Plaute ou chez le personnage caricatural de Charlus. La fascination-répulsion inspirée par l'homosexuel comme Vautrin ou Dorian Gray s'estompe peu à peu. Toutefois, ce qui est à proprement parler révolutionnaire, c'est surtout l'émergence d'une « littérature homosexuelle » se revendiquant comme telle, s'affirmant avec fierté, écrite par des hommes et des femmes ayant fait de leur « différence » ou de leur « sensibilité » la matière, parfois unique, de leur écriture. Dans le sillage de cette littérature sont nées des librairies destinées avant tout à ceux qui se nomment aujourd'hui « gays », lesbiennes », « bi » ou « transgenres -- citons  à Paris Les mots à la bouche ou plus récemment Blue Book -- tandis  que des maisons d'édition décidaient de s'emparer du créneau  en créant un segment (« rayon gay » chez Balland[4]) ou en se dédiant exclusivement à la littérature homosexuelle     ( éditions Rosa Winkel en Allemagne , Editions gaies et lesbiennes à Paris ou encore H&O à Montpellier).

 

 

     Cette libération de la parole homosexuelle dans l'écriture a fait surgir un certain nombre de questions à bien des égards stimulantes pour une réflexion plus générale sur la littérature. Alors qu'on ne laisse pas de s'interroger sur l'utilité de la littérature ou plus souvent de  désespérer de sa capacité à changer la face du monde, la littérature homosexuelle n'offre-t-elle pas précisément l'exemple d'une influence possible de l'écriture sur l'évolution de la société ? C'est, en effet, le film[5]Les Amitiés particulières (1943), qui réunit le 21 janvier 1975 devant l'émission Les dossiers de l'écran 19 millions de spectateurs. L'historien Paul Veyne relate avoir entendu le lendemain dans son village du Vaucluse : « Ils ont dit à la télévision que c'était [l'homosexualité] permis »[6].  En Allemagne, un rôle analogue revint au roman d'Alexander Ziegler, Die Konsequenz (1975), porté à l'écran et diffusé en novembre 1977.  Le film, bien que partiellement censuré -- et non diffusé par la télévision bavaroise -- eut un écho retentissant, fit de l'homosexualité un sujet de société et offrit à des milliers d'individus l'occasion de rompre le silence. Certes, ce fut la télévision qui permit de toucher des millions d'Allemands et de Français mais dans les deux cas, ce fut la finesse littéraire de deux écrivains, Roger Peyrefitte et Alexander Ziegler, qui fit vibrer la corde sensible des téléspectateurs.  Il convient bien sûr de ne pas verser dans la naïveté et de ne pas oublier que l'homophobie n'a pas disparu. On peut toutefois légitimement supposer qu'elle est aujourd'hui, dans les sociétés occidentales, devenue l'expression d'un discours minoritaire mais néanmoins violent. tiré du roman de Roger Peyrefitte,  

 

     Si la libération de la parole homosexuelle a pu faciliter l'acceptation sociale des gays et lesbiennes, la littérature homosexuelle, elle, semble aujourd'hui prisonnière de multiples questions -- à commencer par celle de sa définition. Qu'est ce que la « littérature homosexuelle » ? Une littérature écrite par des homosexuel(le)s ? A propos des homosexuel(le)s ? Destinée aux homosexuel(le)s ?

     Renaud Camus avait fait jadis sensation en publiant Tricks (1979), récit circonstancié d'aventures sexuelles sans lendemain -- et souvent sans paroles -- illustrant un certain mode de vie homosexuel faisant de la consommation frénétique des corps un art de vivre. Il ne fait pas de doute que cet ouvrage qui a fait date puisse être considéré comme un exemple de « littérature homosexuelle » dans la seconde moitié du XXème siècle car répondant à tous les critères que nous avons suggérés (auteur homosexuel, sujet homosexuel, public homosexuel). Toutefois, lorsque ce même Renaud Camus publie aujourd'hui année après année son journal fait de récits de voyages, de notes de lectures et de considérations sur la marche du monde, journal dans lequel la place accordée à la sexualité est devenue infime, s'agit-il encore, parce que l'auteur se revendique comme homosexuel,  de « littérature homosexuelle » ?

      Au-delà de la définition d'une « littérature homosexuelle »,  qu'en est-il de la question d'une « écriture homosexuelle » qui, comme la question d'une « écriture féminine », a tout spécialement intéressé les féministes et les lesbiennes dans les années 60/70. Simone de Beauvoir s'est montrée hostile à l'exaltation d'une spécificité féminine. Mona Ozouf semble avoir de manière assez convaincante tordu le cou à l'idée d'une écriture féminine dans Les mots des femmes, essai sur la singularité française( Fayard 1995). Pour autant Frédéric Martel a-t-il raison dans Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968 de porter ce jugement apparemment définitif : « Les tentatives expérimentales, chez les homosexuels masculins et féminins, se sont donc enlisées, l'originalité sombrant dans la confidentialité. [...] L'écriture qui se voulait « tout autre » est devenue simplement « tout opaque ».[7] Certes, certaines créations n'ont pas fait florès. Les tentatives des lesbiennes américaines visant à féminiser la langue, à remplacer « woman » par « womon » ou « history » par « herstory », afin d'éviter toute connotation masculine, ont vite versé dans le ridicule mais est-ce à dire que toute recherche sur une « écriture homosexuelle » est définitivement enterrée ?

 

     Il conviendrait ici de se tourner vers les « études gay et lesbiennes » (lesbian and gay studies) car c'est là l'un des autres prodiges des rapports entre homosexualité et littérature au XXème siècle. Tout autant -- et peut-être davantage encore que d'œuvres de fiction -- l'homosexualité a suscité au cours du siècle dernier une abondante réflexion théorique dont les  lesbian and gay studies apparaissent comme le meilleur exemple. Parmi les textes qui ont ouvert la voie à ces recherches universitaires, initialement aux Etats-Unis, il faut noter les articles de Gayle Rubin[8] et le livre d'Eve Kosofsky Sedgwick, Between Men. English literature and Male Homosexual Desire[9](1985). Même si aujourd'hui ces recherches sont toujours majoritairement concentrées aux Etats-Unis, elles se sont étendues à l'Europe et se sont développées timidement en France comme en témoigne l'ouverture en 1998 du séminaire « Sociologie des homosexualités » par Françoise Gaspard et Didier Eribon à L'Ecole des hautes études en sciences sociales. Ainsi donc, aujourd'hui en France, l'homosexualité a droit de cité à l'université et n'est plus cantonnée dans le champ de la psychologie.

 

     S'il convient -- à moins d'être conservateur  et de vouloir liquider l'héritage de mai 68 -- de se  réjouir de la libéralisation des mœurs et de la plus large  acceptation -- faut-il aller jusqu'à parler de « banalisation » ? -- de l'homosexualité,  n'existe-t-il pas dans le même temps le danger rampant d'un désintérêt croissant pour tout un pan d'une littérature homosexuelle aujourd'hui considérée comme désuète car appartenant à un passé révolu, tout au plus capable de susciter une curiosité d'antiquaire ? Les écrivains comme Julien Green (1900-1998) tiraillés entre la foi et la chair, les récits de tourments intérieurs sur fond de séminaire comme le Gerardo Laïn (1967) de Michel del Castillo ou les tribulations d'Alexis dans Alexis ou le traité du vain combat (1929) de Marguerite Yourcenar sont-ils encore susceptibles de trouver un public tant cet univers de scrupules, de masochisme moral, de culpabilité écrasante et de reniement de soi semble aujourd'hui daté ?

 

     Une autre question est celle de la possibilité de la survie de la dimension subversive longtemps rattachée à  l'homosexualité et à la littérature homosexuelle. En effet, la subversion  homosexuelle ne se dilue-t-elle pas dans l'acceptation de l'homosexualité ? Dans Le rapt de Ganymède, Dominique Fernandez, pessimiste, note : « C'est une loi à établir, que toute dédramatisation dans le domaine moral supprime des sujets de roman et fait s'effondrer un pan de la culture. Ce qui est souhaitable du point de vue civique est désastreux du point de vue littéraire. [...] C'est une aventure qui laisse tout bête et interdit, que de se retrouver bénéficiaire d'un non-lieu [...] quand on a cru être un rebelle. Telle est la situation faite aux homosexuels aujourd'hui. »[10] Et force est de constater que la banalisation de l'homosexualité a entraîné dans son sillage la disparition littéraire de cette homosexualité « noire » qui conférait aux romans de Genet ou de Pasolini leurs relents de soufre. On chercherait aujourd'hui vainement ces ambiances de bars interlopes et d'hôtels borgnes dont la décrépitude est une incitation à la débauche. Disparus ces lieux où le désir était décuplé par le danger. Finies les rencontre entre les brutes et les truands des cœurs dans les bars à matelots ou aux abords de la Stazione Termini romaine, dans l'attente de ces ragazzi qui vous conduisaient de manière imprévisible au septième ciel ou au dernier des cercles de l'enfer. Dans ces romans,  l'homosexuel était le ver dans le fruit de la société, le facteur de désordre, celui qui menaçait les fondements de l'édifice social, qui démasquait souvent aussi les penchants inavouables cadenassés sous le mythe du bon père de famille. Le bourgeois homosexuel était par amour pour les beaux yeux d'un gigolo prêt à se damner et à fouler aux pieds les valeurs de sa caste. Dominique Fernandez trouve des accents vibrants pour évoquer cette dimension subversive de l'homosexualité :  « L'homosexualité n'a un rôle à jouer dans l'histoire générale de la culture que pour la fonction symbolique qu'elle exerce : comme refus de la normalité (mais pas seulement de la normalité sexuelle), comme choix de la marginalité (mais pas seulement de la marginalité sexuelle). [...] Mis au ban de la société, l'homosexuel est en mesure de la critiquer, d'en dénoncer les travers, les vices, les ridicules, ou simplement d'en démonter les rouages avec une lucidité refusée à ceux que l'ordre en place avantage. [...] C'est toujours à un minoritaire que revient le rôle de révéler l'étroitesse et la bassesse de l'opinion dominante. »[11]. A en croire l'écrivain, si l'homosexualité a perdu cette fonction, c'est parce qu'elle est devenue politiquement correcte : « L'homosexuel est donc un héros type de roman ; mais à condition de ne pas accepter la liberté érotique que lui concède aujourd'hui le relâchement des mœurs, à condition de ne pas se laisser prendre au piège de la tolérance et de l'assimilation. [...] »[12].

     C'est là que le bât blesse. Les homosexuels ne se sont pas aperçus du tribut à payer à la normalité. La société les a acceptés à la condition sous-entendue qu'ils devinssent fréquentables, ce qui exigeait d'eux implicitement de renoncer à tout ce qui pouvait choquer. Le politiquement correct accepte la différence mais pas la « perversion ». Exit donc tout un pan de la littérature homosexuelle subversive qui vantait les amours impubères et faisait l'éloge des culottes courtes. Gabriel Matzneff auteur des Moins de 16 ans ferait scandale aujourd'hui. Et il apparaîtrait désormais proprement impensable de publier Tony Duvert qui reçut pourtant en 1973 le prix Médicis pour Paysage de fantaisie, éloge des relations entre un adulte et des enfants. Plus inimaginable encore aujourd'hui, son ouvrage Le Bon sexe illustré (1974), émaillé de photos de garçons en érection, fut salué comme une courageuse attaque contre les non-dits dans l'éducation sexuelle occidentale. Il y a également fort à parier que René Scherer ne trouverait plus aujourd'hui éditeur pour son Emile perverti (1974) et que le Roi des aulnes (1970) de Michel Tournier susciterait les plus vives réserves, attendu que son héros Abel Tiffauges se repaît en écoutant les enregistrements des gazouillis des cours de récréation et en contemplant les photos de sorties d'école. Est-ce à dire que toute dimension subversive a disparu de la littérature homosexuelle contemporaine ? Peut-être la subversion s'est-elle simplement déplacée ? N'est-elle pas à chercher aujourd'hui du côté d'un Erik Rémès, auteur de Je bande donc je suis qui, la même année que Guillaume Dustan dans Nicolas Pages (1999), faisait l'apologie du bareback, à savoir des relations sexuelles non protégées en pleine épidémie de sida, mettant en scène des contaminations tantôt imposées tantôt librement consenties. Rémès a poursuivi dans cette veine sulfureuse avec Serial fucker : journal d'un barebacker (Blanche, 2003), suscitant des contre-attaques parfois violentes de l'association Act up de lutte contre le sida. Dans Serial Fucker, Rémès n'hésite pas à narrer par le détail le meilleur moyen de contaminer son partenaire à son insu : « Pour plomber quelqu'un, c'est également très simple. Il suffit d'un peu de doigté (...). On retire discrètement la capote pendant la baise. On fait semblant de la mettre. Des plombeurs crèvent préalablement les capotes avec une aiguille, etc. »[...] « J'ai plombé une actupienne[13], tralalalaire, tralalala [...] »[14]. Quel que soit le jugement que l'on porte sur les pratiques énoncées, force est de constater que la littérature homosexuelle d'Erik Rémès est  doublement subversive dans la mesure où elle va à l'encontre des repères moraux de la société mais d'une partie de la communauté homosexuelle elle-même. Dans un autre registre, on  retrouve aussi dans l'œuvre de l'Autrichien Josef Winkler (né en 1953) la dimension subversive de l'homosexualité. Dans une Autriche catholique et bien-pensante, Winkler a fait d'un roman largement autobiographique (Le serf, 1987) un immense blasphème. Il s'y décrit s'introduisant dans l'anus sa bougie de communiant, y compare aux hosties le sperme de ses amants qui se fige sur sa langue et à chaque fois qu'il s'agenouille devant la braguette d'un prostitué maghrébin lui reviennent en mémoire les génuflexions de l'enfant de chœur qu'il fut jadis.

     Toutefois force est de constater, qu'abstraction faite de ces « monstres », la littérature homosexuelle aujourd'hui est bien aseptisée. A force d'avoir voulu singer le mode de vie hétérosexuel et caressé le rêve du bonheur tranquille à deux avec un chien dans un pavillon de banlieue -- ou un loft citadin pour les plus fortunés -- les homosexuels n'ont-ils pas fini par s'engluer dans la production d'une littérature qui n'est que la copie conforme voire la pâle copie de la littérature hétérosexuelle ? Partout ce sont les mêmes poncifs, des histoires de rencontres tantôt heureuses tantôt malheureuses, puis vient le temps où l'on se met en ménage, s'ensuit presque inévitablement le thème de l'ennui conjugal, avec son cortège d'infidélités occasionnelles et d'états d'âme alimentant des conversations téléphoniques interminables qui permettent de noircir aisément bien des pages. Et qui va promener le chien ? (1996) de Stephen Mc Cauley nous paraît être une interrogation caractéristique de ce genre de littérature où homosexuels et hétérosexuels sont interchangeables -- ce qui n'enlève rien aux qualités de l'auteur à qui il faut reconnaître un sens de l'humour certain.  Dans ces romans, on ne revendique plus le droit à la différence mais au contraire l'assimilation au mode de vie et aux préoccupations des hétérosexuels. Mc Cauley, lui-même, revendique cette neutralité dans le choix et le traitement des sujets : « «J'écris des romans, souligne-t-il. Les sujets m'intéressent d'abord et avant tout. Je ne tourne pas nécessairement autour d'intérêts gays. Mes thèmes sont plutôt universels, je crois. »[15]

     Dominique Fernandez porte sur cette évolution un regard sévère :  « Depuis la   « libération » des mœurs, parmi le foisonnement des romans à sujet homosexuel[16], on en trouverait peu qui fortifient d'un apport vraiment enrichissant l'édifice de la « culture homosexuelle » élevée pendant le siècle de la honte et de la clandestinité [...] Quel style est venu remplacer le style du malaise ? Depuis que la fierté ou tout simplement le bonheur d'être ce qu'il est a remplacé chez l'homosexuel le sentiment de culpabilité et de détresse, on ne voit pas que la joie de vivre ait donné naissance à une écriture originale. »[17] Cette critique qui fait du sentiment de culpabilité et de détresse le terreau fertile de la littérature homosexuelle nous conduit à une autre interrogation. Si l'on entre dans cette logique qui veut que l'amour heureux n'ait pas d'histoire, que l'on ne fasse pas de littérature avec des bons sentiments et que les plus grandes œuvres soient nées du statut de paria de leur auteur ou de leurs personnages, quel a été l'apport du sida à la littérature homosexuelle ? En effet, alors que tout semblait aller pour le mieux dans le meilleur des mondes -- et donc qu'implicitement la qualité littéraire ne pouvait que décliner -- les homosexuels ont retrouvé avec une brutalité inouïe leur statut de pestiféré. Ils étaient à nouveau ceux sur qui le malheur fondait et par qui le malheur arrivait. Les malades étaient mis à l'isolement et l'on ressortait les masques des temps de la peste. Est-ce à dire que le sida -- à travers les œuvres d'Hervé Guibert, d'Edmund White ou de Michael Cunningham, pour ne citer que quelques exemples -- a eu une influence paradoxalement « vivifiante » sur la littérature homosexuelle ? La question reste ouverte.

     Si le sida n'a guère été une source d'inspiration que pour la littérature homosexuelle occidentale, il convient, au-delà de ce sujet, de ne pas oublier que la littérature homosexuelle du XXème siècle est bien plus large que la littérature européenne et nord-américaine, bien plus vaste mais ô combien méconnue. En Europe même, bien des noms comme ceux de Mario Wirz, d'Alexander Ziegler ou d'Aldo Busi ne sont guère connus au-delà des frontières de leur propre pays. Chacun a déjà entendu bien sûr le nom de Mishima mais qui connaît des nouvellistes et romanciers israéliens comme Yotam Reuveny (Du sang sur les blés, 2001) ou Yossi Avni (Le jardin des arbres morts, 1995)[18], le Tunisien Eyet Chékib-Djaziri ( Un Poisson sur la balançoire (1997) et sa suite Une Promesse de douleur et de sang,1998) ou encore les mangas japonais homosexuels de Minami Ozaki comme Zetsuai 1989, paradoxalement très populaires auprès d'un public féminin ? Et surtout, que sait-on de l'existence hypothétique d'une littérature homosexuelle nécessairement clandestine dans ces pays islamiques où, comme en Iran, au nom de la sharia, les homosexuels sont encore pendus haut et court ?

 

     Si ce texte pose plus de questions qu'il n'apporte de réponses, c'est précisément pour susciter la réflexion. Son titre est suffisamment large pour susciter des contributions sur toutes les époques et tous les pays car n'en déplaise aux pourfendeurs d'une décadence « moderne » ou « occidentale », s'il y a bien une notion qui, au-delà des querelles de définitions, semble irréfutable, c'est celle de la permanence de l'homosexualité à travers les continents et les siècles et partant, l'assurance que la littérature homosexuelle a encore un avenir devant elle.

 

Benoît PIVERT.

 


 

[1] Comme Frédéric Martel Martel dans Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Le Seuil, 1996, cité d'après l'édition Points, septembre 2000 et Florence Tamagne dans L'histoire de l'homosexualité en Europe -- Berlin, Londres, Paris 1919-1939, Paris, éditions du Seuil 2000, nous utiliserons le terme « homosexualité » pour désigner aussi bien l'homosexualité masculine que féminine.

[2] Editions Gay-Kitsch-Camp, 2007

[3] Editions Gay-Kitsch-Camp, 2005

[4] Pour éviter de s'enfermer dans un ghetto, le « Rayon gay » dirigé par Guillaume Dustan sera rebaptisé « Le rayon » avant de disparaître en 2003.

[5] L'adaptation cinématographique de Jean Delannoy est de 1964.

[6] Anecdote rapportée par Frédéric Martel dans Le rose et le noir. Les homosexuels en France depuis 1968, Paris, Le Seuil, 1996, cité d'après l'édition Points, septembre 2000, p. 150

[7] P. 262. Les citations entre guillemets chez F. Martel renvoient à Mona Ozouf.

[8] Gayle Rubin , « Notes on the « Political Economy » of Sex, 1975, « Thinking Sex : Notes for a Radical Theory of the Politics of Sexuality », 1984.

[9] Eve Kosofsky Sedgwick, Between Men. English literature and Male Homosexual Desire, Columbia University Press, 1985.

[10] Dominique Fernandez, Le rapt de Ganymède, Paris, Grasset, 1989, p. 385.

[11] D. Fernandez, ibid., p. 293-299.

[12] Ibid.

[13] A savoir : militant(e) d'Act up

[14] Victoire Patouillard,  « Les raisons d'un zap », http://www.actupparis.org/article1097.html

[15] Claudia Larochelle, « Un Bostonien à Montréal », Le journal de Montréal, 10/10/2006

[16] Quoi qu'il en dise, avec L'objet de mon affection (1997), L'art de la fugue (2004), et surtout dernièrement Sexe et dépendances (2007), Mc Cauley est bien l'auteur de romans à sujet homosexuel.

[17] Dominique Fernandez, op. cit., p. 385.

[18] Yossi Avni, diplomate et officier des Forces armées israéliennes, est publié en hébreu mais Gan Ha-Etzim Ha-metim (Le jardin des arbres morts) est disponible en allemand sous le titre Garten der toten Bäume, Suhrkamp Verlag, 1999.

 

Publié par regal à 15:00:33 dans Cahiers de la RAL,M | Commentaires (1) |

Cahier nº 9 Ceci n'est pas une série | 19 septembre 2008

CAHIER Nº 9 -- CECI N'EST PAS UNE SERIE

 

À l'occasion du tricentenaire d'un mot, le mot « série », le Chasseur abstrait revient sur une notion dont l'histoire a marqué l'histoire récente de la musique, comme de la littérature ou des arts plastiques. Quelle est l'actualité de la série dans la création d'aujourd'hui ?

 

Poètes, romancier et plasticiens se penchent sur la question et y répondent dans leur pratique, même.

 

Un hommage appuyé est rendu au sculpteur Georges Ayvayan, dont la Ral,m offre ici un premier aperçu d'ensemble.

 

De lumineux éclairages sur l'histoire de la notion de « série » sont fournis par la lexicologue Jacqueline Picoche et le compositeur, critique et musicologue Jean-Yves Bosseur.

 

Un dossier documentaire complète l'ouvrage.

 

Sous la direction de Pascal Leray - Contributions de Jacqueline Picoche, Guillaume Balzarini, Jean-Luc Vertut, Jean-Claude Cintas, Patrick Cintas, Robert Vitton, Julien Gasco, Valérie Constantin, Kwizera, Jean-Yves Bosseur.

 

L'équipe de la Ral,m sera présente au Salon de la revue les 11 et 12 octobre.

 

 

Pour commander ces ouvrages ou pour vous renseigner

 

LE CHASSEUR ABSTRAIT EDITEUR

12, rue du docteur Jean Sérié

09270 MAZERES

Tél : 05 61 60 28 50

 

Boutique du Chasseur abstrait

http://www.lechasseurabstrait.com/chasseur/

 

Les forums de la Ral,m

http://www.lechasseurabstrait.com/revue/spip.php?rubrique595

 

Le catalogue du Chasseur abstrait est également consultable sur Google Books.

 

 

 

Publié par regal à 09:33:28 dans Cahiers de la RAL,M | Commentaires (0) |

Cahier de la RAL,M nº 8 | 18 septembre 2008

 RAL,M

 

Direction: Valérie Constantin

 

Préface de Jean MÉTELLUS : Ce cahier de plus de cinq cents pages se propose de donner une idée de la création artistique en Haïti après les années 1920. Malgré cette limitation, le projet paraît encore presque utopique, vu la richesse de la production littéraire et picturale dans ce pays depuis cette époque. Mais en segmentant l'histoire des réalisations artistiques et littéraires par générations d'âge, les concepteurs de ce document ont fait preuve de réalisme et d'efficacité, leur entreprise acquiert une véritable crédibilité et force l'admiration. Ce faisant ils instaurent un dialogue entre les générations : Génération 1, Années 20-40 ; Génération 2, années 50-60 ; Génération 3, Années 60-80. 

 

Génération 1 - Années 20-40 :

René Depestre - Anthony Phelps - Franketienne - Jean Métellus - Claude C. Pierre - Émilie Franz - Gary Klang - Jacques Ravix - Josaphat Robert Large - Syto Cavé - Tomy M-Day - Marie Alice Théard - Fritzner Lamour - Jean-Louis Sénatus ;

 

 

Génération 2 - Années 50-60 : Michèle Voltaire Marcelin - Elsie Suréna - Jean François dit Avin ou A20 - Paul Harry Laurent - Frantz Dominique Batraville - Max Freesney Pierre - Jean Dany Joachim - Marc Exavier - Rodney Saint-Éloi - Stivenson Magloire - Mario Benjamin - Pradel Henriquez - Jean Armoce Dugé - Élodie Barthélemy - Alex Laguerre - Mathurin Rodolphe - Hugues Berthin Férol - Sergine André ;

 

 

Génération 3 - Années 70-80 :

Emmelie Prophète - André Fouad - Pascale Monnin - Guy Junior Régis - Pierre Pascal Merisier dit Pasko - Jean Marc Voltaire - Patrick Louis dit Kanga - Pierre Moïse Célestin - Joseph Edgard Célestin - Pierre James - Jean Pierre Jacques Adler - Antoine-Hubert Louis - Josenti Larochelle dit Mistè Tchik - James Noël - Damas Porcena dit Damson - Kevens Prévaris - Walner O. Régistre dit Doc Wor - Jonel Juste - Jean François Toussaint - Jean Emmanuel Jacquet - Angie Fontaine - Makenzy Orcel - Fred Edson Lafortune - Duckens Charitable dit Duccha - Coutechève Lavoie Aupont - Jean Venel Casseus - Mlikadol's Mentor dit Nadol's - Romilly Emmanuel Saint-Hilaire - Jean Davidson Gilot.

 

 

Postface de Rodney Saint-Éloi et James Noël.

 

 

Publié par regal à 09:13:01 dans Cahiers de la RAL,M | Commentaires (0) |

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